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Emploi

 

 

Les prothésistes dentaires tirent la sonnette d'alarme sur l'emploi

 

22/11 16:05

 

  La fédération patronale des prothésistes dentaires a tiré "la sonnette d'alarme" mercredi sur l'emploi dans les 5.000 laboratoires de ce secteur économique, menacé selon eux par "l'importation de prothèses à bas prix" fabriquées à l'étranger.

"Depuis 2004, 700 laboratoires ont disparu, soit près de 2.000 emplois", a indiqué lors d'une conférence de presse Gérard Corsi, président de l'Union nationale patronale des prothésistes dentaires (UNPPD), pour une profession qui emploie aujourd'hui 19.500 personnes.

"Entre 25 et 30% des prothèses sont aujourd'hui importées en provenance de pays à bas coût de main-d'oeuvre", a-t-il souligné, "essentiellement le Maroc, la Chine, Madagascar et la Turquie".

Le prix moyen d'une prothèse fabriquée par un laboratoire français est de 120 à 130 euros, tandis qu'une prothèse fabriquée à l'étranger coûte en moyenne 30 euros, précise l'UNPPD.

"Mais que la prothèse soit fabriquée en France pour 120 euros, ou à l'étranger pour 30 euros, le patient paie toujours sa prothèse aussi cher à son chirurgien-dentiste, aux environs de 600 euros, et l'assurance maladie rembourse la même chose", dénonce Gérard Corsi, pour qui "les dentistes confortent leur marge au détriment des laboratoires français".

"Au-delà de l'emploi, c'est aussi un problème de santé publique", soulève-t-il, "puisqu'une prothèse mal élaborée peut entraîner des problèmes de santé comme des maux de tête ou des problèmes d'équilibre".

Pour sortir de cette situation qui "met en danger l'ensemble de la profession", l'UNPPD demande la publication du décret d'application d'une loi votée en 1998 portant sur la fabrication des dispositifs médicaux sur mesure.

Cette loi, qui est la transcription en droit français de la directive européenne 93/42, prévoit de "permettre au patient de connaître le prix d'achat au laboratoire de sa prothèse, son lieu de production et les matériaux de fabrication", souligne Gérard Corsi.

"Avec cette transparence sur les tarifs, il sera difficile pour les praticiens de justifier de tels honoraires, et de mettre la pression sur les laboratoires pour qu'ils s'alignent sur des tarifs trop bas", souligne l'UNPPD.

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