Nicolas parle de nous et connait son sujet !!!... voir le paragraphe
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Interviews
Nicolas Sarkozy invité de l'émission A Vous de juger
A vous de Juger
France 2 - jeudi 30 novembre 2006
Arlette CHABOT
Alors second sujet de ce soir évidemment, cest le pouvoir dachat. Vous dites pouvoir dachat ou vie chère Nicolas SARKOZY ?
Nicolas SARKOZY
Je dis pouvoir dachat, parce que la vie chère, elle est dautant plus chère quon na pas de pouvoir dachat. Et que la question des Français, cest dabord celle de laugmentation du salaire et de laugmentation des revenus.
Arlette CHABOT
Alors on va en parler, panier de la ménagère, hausse des prix, François BEAUDONNET, Yacine BEN JEANNETTE et Mathias BARROIS font laddition, en remerciant notre ami Serge RAFFY.
François BEAUDONNET
7h00, le premier achat de ma journée, je voudrais une baguette sil vous plait, je ne peux pas men passer et pourtant.
Boulangère
80 centimes.
François BEAUDONNET
80 centimes ce matin, 65 centimes en 2001, en cinq ans ce symbole de la France a augmenté de 23 %. Depuis larrivée de leuro, jai limpression que tous les prix ne cessent de senvoler, dans mon chariot aujourd'hui quelques produits de la vie de tous les jours.
Caissière
Ca fera 75 euros et 12 centimes sil vous plait.
François BEAUDONNET
75 euros et 12 centimes, il y a cinq ans, le même caddy maurait coûter 70 euros, soit 7 % daugmentation. Pourtant nous sommes tous persuadés que cest beaucoup plus.
Consommateur
Pour 50 euros, il ny a vraiment rien.
Journaliste
Là vous avez pour 50 euros de marchandises ?
Consommateur
Là, jen ai pour 50 euros de marchandises alors quavant javais un panier plein, un chariot.
Consommatrice
Cest-à-dire quon ne sen sort plus avec nos salaires, donc on se dit il y a quelque chose qui a augmenté, voilà.
François BEAUDONNET
Et cest vrai que les légumes et surtout les fruits sont devenus inabordables. Tenez prenez mon kilo de pommes à 3 euros, il en valait 1,55 en 2001. 93 % de hausse, pas mal.
Consommatrice
Lorsque jétais jeune, ma mère allait sur le marché. Mes parents nétaient pas riches mais on avait tous les fruits et légumes, surtout les légumes très variés, les petits pois, haricots verts, je me limite, je nachète plus nimporte quoi et pourtant je ne suis pas pauvre.
François BEAUDONNET
Je finis par me demander si ce bout de papier là vaut encore quelque chose.
Intervenante
On a limpression quavec 20 euros on ne peut pas faire grand chose, alors que quand on était enfant avec 100 francs, on a limpression quon pouvait déjà acheter pas mal de choses oui.
Intervenant
Avec laugmentation des cigarettes et compagnies, avec les euros, on ne fait quasiment plus rien du tout.
François BEAUDONNET
Se déplacer en voiture aujourd'hui coûte 40 % plus cher, même avec un diesel. Pour acheter un appartement il faut débourser 75 % en plus, se chauffer devient aussi un luxe. Même le petit noir servi en salle vaut de lor, 2 euros cette année, contre 90 centimes à lépoque, une hausse record de 120 %. Alors avant de rentrer chez moi ce soir, vais-je faire un petit tour au ciné, oui, non, ce sera non, le prix de la place a augmenté de 27 %.
Arlette CHABOT
Alors Nicolas SARKOZY, est-ce que cest vrai quon nous ment un peu sur lindice des prix, c'est-à-dire quon nous donne des chiffres, on sous estime la hausse des prix ?
Nicolas SARKOZY
Oui. La réponse est claire, je suis persuadé que les indices habituels de calcul de linflation ne reflètent pas la réalité de la hausse des prix au quotidien et deuxièmement que le passage à leuro a organisé une hausse assez massive des prix dans notre pays.
Arlette CHABOT
Quest-ce quil faut changer, c'est-à-dire quil faut redemander quon calcule autrement, totalement les prix ?
Nicolas SARKOZY
Je pense que lindice doit être changé et je pense surtout quil faut mettre davantage de concurrence dans la grande distribution. Je ne vais pas rentrer dans les détails, javais quand jétais ministre des Finances contesté le système des marges arrière et exigé une baisse des prix de 2 % puis de 1 %, on avait dit à lépoque que je nétais pas assez libéral comme on le disait. A partir du moment où le budget de lEtat, il ny a pas assez dargent pour baisser massivement les impôts, on doit rendre du pouvoir dachat aux Français, par la concurrence, il faut faire baisser les prix. Jajoute que cest dautant plus inadmissible ce qui se passe que les prix payés aux producteurs nont jamais été aussi bas. Et donc entre le producteur qui a des prix payés très bas et le consommateurs qui a des prix payés très haut, il y a bien un moment où il y a des marges qui disparaissent.
Arlette CHABOT
Est-ce quon peut augmenter les salaires, parce quon dit toujours ce nest pas le gouvernement, ce nest pas le pouvoir, ce nest pas le président de la République, ce nest pas le Premier ministre, cest les entreprises qui peuvent augmenter les salaires ?
Nicolas SARKOZY
Il faut poser la question de laugmentation des salaires dans notre pays parce que toute ma stratégie économique est fondée là dessus. Le premier problème économique des Français, cest une question de pouvoir dachat, il faut donner du pouvoir dachat aux Français, pour donner de la croissance et pour cela il faut permettre aux gens de travailler plus. Il faut savoir quun salarié qui travaillerait quatre heures de plus pourrait gagner 15 % de plus. Lerreur des 35 heures a été une erreur considérable qui a conduit les Français à une rigueur salariale qui a pesé sur la croissance de la France.
Arlette CHABOT
Mais aucun gouvernement de droite nest revenu dessus, personne ne la abrogé.
Nicolas SARKOZY
Je dis aux Français, on a beaucoup
le gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN a beaucoup fait sur les 35 heures. Pour ma part je propose une véritable révolution économique, tout est fait aujourd'hui pour décourager les heures supplémentaires au motif quun salarié qui ferait des heures supplémentaires volerait lemploi dun autre, cest ridicule. Quand vous donnez plus de pouvoir dachat à un salarié en lui permettant de travailler davantage, il crée de la croissance. Je propose donc lexonération des charges pour les heures supplémentaires, la liberté de donner des heures supplémentaires et la liberté pour le salarié de les accepter. Cela veut dire que chacun dentre nous, je précise, dans le public, comme dans le privé pourrait travailler plus sur la base du volontariat et donc être payé davantage, ce qui sera excellent pour la croissance française. Jajoute un point, à quoi cela sert-il davoir du temps libre, si on na pas les moyens de se payer des vacances, un week-end, une école pour ses enfants, ou un avenir pour ses enfants ? Et il y aura un grand débat dans la prochaine présidentielle, et Arlette CHABOT, je veux le dire très franchement aux Français, la gauche vous promettra de travailler moins, moi je souhaite que vous puissiez gagner davantage. Dun côté ceux qu veulent réduire le travail, de lautre, je serais celui qui poserait la question du pouvoir dachat et laugmentation du pouvoir dachat. Et je veux dire aux Français, posez-vous la question, ça fait 6 ans quon a les 35 heures obligatoires, pas un pays au monde ne sest inspiré de cette stratégie, pas un. Les 35 heures, cest la seule idée définitivement inexportable, il ny a même pas besoin de déposer un brevet madame CHABOT, personne ne va nous la piquer cette idée.
Arlette CHABOT
Et vous les abrogez dans certains secteurs, même pas, on aménage par exemple lhôpital, tout le monde est daccord, même la gauche pour dire à lhôpital, ça ne marche pas. Ca pose trop de problème.
Nicolas SARKOZY
Non, moi mon idée est la suivante. On garde les 35 heures comme durée hebdomadaire, mais tous ceux qui veulent sen exonérer soit le salarié qui veut travailler davantage pour payer son appartement, pour se payer des vacances, soit le chef dentreprise monsieur, qui a un carnet de commandes remplis, qui veut donner des heures supplémentaires, non seulement on lui autorise, mais on lencourage. La France ne souffre pas de trop de travail, mais de pas assez de travail. Pas assez dinnovation, pas assez de recherche, pas assez de formation. Le travail est une valeur démancipation. Cest le chômage qui aliène lindividu. Le travail le libère, ça a été une erreur stratégique de la gauche considérable, je serais dailleurs heureux de savoir quelle est la stratégie de la gauche, est-ce quon les garde ces 35 heures, ou est-ce quon ne les garde pas.
Arlette CHABOT
Alors ce nest pas Elie COHEN qui est économiste qui va
cest le prochain débat, attendez Elie COHEN, je voudrais que ROUX DE BEZIEUX, monsieur ROUX DE BEZIEUX, pardon excusez-moi, voilà cest le sucre et le miel, vous êtes chef dentreprise, CROISSANCE PLUS, ce que dit Nicolas SARKOZY, travaillez plus, les heures supplémentaires, ça vous convient ou vous préféreriez quon aille au delà ?
Geoffroy ROUX DE BEZIEUX
Bien sûr ça va dans le sens, je ne suis pas sûr que cela suffise. Moi, je vais vous faire part de mon expérience personnelle et récente. Jai remonté une entreprise, et il y avait un centre de relations clients donc des gens qui sont au téléphone, qui servent les clients et jai hésité pendant très longtemps à le mettre en France ou au Maroc. Pourquoi ? Parce que tout simplement au Maroc, ça coûte deux fois moins cher. Alors jai fini par limplanter en France, à Laval parce que, eh bien parce que tous les patrons ne sont pas des voyous, des salauds, que jaime mon pays et que je me suis dit, bon cest la bonne décision. Mais je ne suis pas sûr davoir pris la bonne décision parce que tous les jours eh bien ça me coûte deux fois plus cher. Donc je pense quand même que si on na pas une vraie rupture au niveau des charges sociales, parce que la différence, elle vient essentiellement des 50 % de charges sociales, si on na pas une vraie rupture à ce niveau là, certes ça ira dans le bon sens , mais on nira pas assez loin et donc ce que je dis tout simplement cest quil faut quil y ait quelquun dautres que le travail, enfin que le poids des charges pèsent sur autre chose que le travail.
Arlette CHABOT
Alors Nicolas SARKOZY ?
Nicolas SARKOZY
Oui alors, mais il y a bien dautres choses à dire, mais les 35 heures, cest un verrou absolu. Alors il y en a un deuxième, cest lincertitude dans laquelle se trouve le chef dentreprise au moment de la décision de se séparer dun salarié ou de le conserver. Je suis persuadé quon peut trouver un système qui augmente la sécurité du salarié et qui donne de la flexibilité aux chefs dentreprise. Aujourd'hui jamais le droit du travail na été aussi rigide, jamais les salariés français nont été dans un tel état de précarité, cest le système perdant, perdant. Je propose un système gagnant gagnant. Aucune procédure de licenciement ne devrait excéder un certain nombre de mois, pour donner lassurance aux chefs dentreprise quil ny aura pas dincertitude, et en même temps les indemnités de licenciement peuvent être augmentées et les obligations de formation également. Deuxième proposition, je veux quon sorte du débat CDD, CDI, avec un contrat de travail unique dont les droits sociaux augmentent avec la durée et lancienneté du salarié dans ce contrat. Il ne faut pas avoir peur de la flexibilité. Le problème de la France, ce nest pas de conserver des emplois qui sont concernés, cest de faciliter, le fait de trouver un emploi nouveau dans des régions où il ny a plus rien. Je prends un autre exemple, on paie 5 milliards deuros par an pour obliger des gens de 50 ans à partir en pré-retraite, eh bien je souhaite que cet argent qui est dépensé pour empêcher les gens de travailler, on le mette pour leur donner une formation pour financer linnovation, et pour financer la recherche. Je suis persuadé monsieur ROUX DE BEZIEUX quon peut changer la psychologie de la France. Mais pour changer la psychologie de la France, il faut réconcilier léconomie française avec les valeurs de la réussite, du mérite, ne pas avoir peur de dire que quand on travaille plus que les autres, cest normal de gagner plus que les autres, que quand on prend plus de risques que les autres, cest normal quon en soit récompensé. Je ne comprends pas cette fascination qui fait quon fait la richesse de la Suisse, de lAngleterre, de Monaco, de tous les paradis en obligeant les gens qui ont gagné de largent à aller surtout le dépenser ailleurs que dans léconomie française. Je veux que la France soit la société du dynamisme, de louverture, quon sinspire des gens qui réussissent, quon ne les jalouse pas, quon ne les déteste pas, quon sen serve comme des exemples et cest beaucoup plus important monsieur ROUX DE BEZIEUX que telle ou telle décision technique. Je veux réconcilier la France avec le dynamisme. Rendez-vous compte quil y a un million de jeunes Français parmi les meilleurs qui pensent quil faut partir pour réussir. Moi, que des jeunes partent à létranger tenter une expérience, tant mieux, mais je ne me résous pas au fait que la réussite ce soit obligatoirement le départ à létranger. Jen ai assez du nivellement, je ne me reconnais pas dans légalitarisme, je pense que la République, ce nest pas donner à chacun la même chose, chacun selon ses mérites et à chacun selon ses handicaps. Je veux faire de nouveau de la France une économie où on peut innover, créer, entreprendre et avoir la récompense de son travail quand même, cest quand même des valeurs qui ont permis à la société française de se construire, avoir la récompense de son travail.
Arlette CHABOT
Nicolas SARKOZY, il y en a beaucoup qui aimerait en avoir du travail, aujourd'hui ce quon voit cest des travailleurs pauvres en France, des gens qui enchaînent des CDD, des petits contrats, qui ont du mal à y arriver.
Nicolas SARKOZY
Pourquoi ? Parce quon sacharne à empêcher la création demploi. prenons un exemple BORLOO a fait un travail fantastique sur les emplois familiaux, je veux quon aille plus loin. Aujourd'hui le travail féminin cest une réalité, les femmes pour leur indépendance et pour lintérêt de la vie, souhaitent travailler, il faut donc résoudre le problème de la garde denfants. Il y a des millions demplois que lon peut créer de services à la famille. Mais au nom de quoi, un chef dentreprise ne paie pas limpôt sur le bénéfice des sociétés quand il paie le salaire dun de ses salariés et une famille devrait payer lIRPP sur le salaire quelle verse à un emploi familial ? Je demande la déduction de son revenu de lemploi qui est ainsi créé. Le problème de la France Arlette CHABOT, cest quil ny a pas assez de travail, quil faut donc libérer léconomie française, libérer lénergie de la société française, pour créer du travail. Alors deux types de travaux, je parle sous contrôle de monsieur COHEN, travaux peu formés, cest les emplois à la personne et puis les emplois extrêmement formés, cest tout linvestissement dans linnovation et la recherche, je demande quon bouste le crédit dimpôt recherche à 100 % sil le faut. Moi je préfère des entreprises qui investissent dans la recherche pour gagner des parts de marché plutôt quà les payer pour combler le déficit de la France. On peut changer monsieur ROUX DE BEZIEUX en quelques semaines latmosphère en France, simplement en faisant comprendre cela, que chacun aura sa chance, que cest possible de reprendre lascenseur social, que la promotion sociale, ce nest pas interdit, quun échec nest pas définitif, extraordinaire, la société française maintenant récompense mal le succès et quand quelquun met un genou à terre, cest comme si on le condamnait à tout jamais à ne pas réussir. Je veux cette fluidité, je veux cette mobilité, je veux cet enthousiasme.
Arlette CHABOT
Alors vous allez voir, vous allez écouter le cas de Pascale qui est là, Pascale elle aimerait bien sans doute travailler plus parce que justement elle enchaîne les CDD, les petits contrats, les boulots, les périodes de chômage. Elle élève seule, vous allez lentendre ses trois enfants et elle a un problème que tout le monde a aujourd'hui.
Journaliste
Pascale est à la recherche dun emploi stable, en deux ans, elle na travaillé que dix mois. Cette téléopératrice alterne entre CDD et période de chômage.
Pascale
Je vais reprendre des annonces et puis je vais continuer la petite routine, je vais envoyer des CV, des lettres de motivation jusquau jour où jaurais une réponse favorable.
journaliste
Vous y croyez ?
Pascale
Oui quand même.
Journaliste
A 40 ans, Pascale est séparée de son mari, ses trois enfants, elle les élève seule dans cet appartement en mauvais état.
Pascale
Ca commence à être arraché, il y a là, et puis on na pas vu la salle de bain, la salle de bain cest horrible. Là dessous il ny a plus rien non plus.
Journaliste
Et pourquoi vous ne le faites pas ?
Pascale
Je nai pas les moyens. Je nai pas les moyens, là il faudrait un plombier, moi je ne peux pas faire venir un plombier pour refaire ça.
Journaliste
Pascale touche une pension alimentaire, les allocations familiales, et laide au logement, quand elle ne travaille pas une fois les charges payées, il reste à la famille 750 euros pour vivre, alors à la maison cest la débrouille.
Pascale
Les chaises sont de récupération, la table également, le buffet nen parlons pas, en fait tout est à changer mais alors faute de moyen, ça va rester comme ça encore un bon moment.
Journaliste
Ce qui passe avant tout cest manger.
Pascale
Manger, payer ses factures, si on y arrive, cest pour ça que je dis ce nest pas de la vie, cest de la survie. Est-ce quun jour les familles précaires auront accès au logement et aux services bancaires ?
Arlette CHABOT
Voilà question.
Nicolas SARKOZY
Quand on voit dabord lexemple de Pascale, on se dit vraiment que ceux quon doit aider, cest plus ceux qui se comportent comme elle se comporte, à élever ses trois enfants plutôt que ceux qui foutent le feu au service public. Entre nous, la solidarité, je vois plutôt vers qui elle doit se tourner. Moi, je voudrais dire à Pascale, trois choses : Premièrement je souhaite un compte épargne formation pour chacun dentre vous, peut-être la vie qui a été la vôtre, vous navez pas eu la chance davoir une formation, de faire des études qui vous permettent daccéder à un emploi stable et rémunéré pour pouvoir faire vivre vos trois enfants. Je veux dire que lobligation de formation, quel que soit lâge de la vie, ça doit être aussi pour vous, parce que si
je ne connais pas votre histoire personnelle, pardon je ne veux pas être indiscret, mais permettez-moi aussi de vous dire que si vous voulez monter dans léchelle sociale, avoir un meilleur salaire, avoir un meilleur emploi, la question de la formation est clairement posée. Or tout le monde
Arlette CHABOT
Cest-à-dire tout au long de la vie ? C'est-à-dire
.
Nicolas SARKOZY
Tout au long de la vie, je souhaite un compte épargne formation, tout le monde nest pas une bête à concours. Tout le monde na pas la chance de réussir des concours pour les grandes écoles entre 18 et 23 ans. On peut commencer sa vie professionnelle à 35 ans, et avoir envie de progresser, le seul moyen de progresser, cest par la formation. Premier point. Deuxième point, le problème du logement, alors là je veux prendre un engagement, parce que la pression du logement est une question essentielle. Il y a 50 % des Français, qui sont propriétaires de leur logement, si vous prenez lAngleterre, il y a 75 %, je naccepte pas cette différence, je ne pense pas quêtre propriétaire de son logement doit être un privilège pour les gros salaires. Je propose un système qui permette par le crédit hypothécaire et par le cautionnement de lEtat, pour des gens comme vous, la possibilité dacquérir la propriété de son logement. Vous nêtes pas condamné à vivre comme des locataires, de logements précaires en HLM. Je vais men expliquer, aujourdhui en France, on prête largent de préférence à ceux qui nen ont pas besoin. Et de surcroît à ceux qui ont des relations puisque la première chose quon vous demande, cest une caution. Jimagine que quand on est seul à galérer pour élever ses trois enfants, vous ne devez pas avoir Pascale dans votre entourage beaucoup de gens qui sont capables de garantir un emprunt. Et pourtant, vous avez besoin de vous loger ? Vous avez besoin de faire des projets ? Je propose que la solidarité nationale, elle sexerce de la façon suivante : que ça soit lEtat, Pascale, qui garantisse le prêt que vous ferez pour acquérir votre logement et pas simplement quelquun de vos relations que par ailleurs vous navez pas. Parce quune famille comme vous, elle a le droit davoir une perspective, elle a le droit davoir un avenir et permettez-moi de prendre un autre exemple qui me choque particulièrement. Quand vous prenez un emprunt on vous colle dabord une visite médicale et vous avez intérêt à être en bonne santé, parce que si le banquier il voit que vous nêtes pas en bonne santé, on commence par vous coller une surprime. Vous êtes malade et en plus on vous en veut, je propose que lEtat, garantisse la surprime, parce que ce nest pas parce quon est malade, quon na pas le droit de se loger et habiter un logement et faire des projets. Et je souhaite, voyez-vous Pascale, utiliser lEtat parce que je crois à lEtat, au service de la solidarité pour les gens comme vous qui travaillent. Et pas simplement pour ceux qui se plaignent et qui ne travaillent pas. Et jen arrive au cur du projet social qui est le mien. Moi, je pense quil faut aider plus la France qui travaille, la France qui se lève tôt le matin, la France qui ne demande rien que de vivre de son travail et poser dautres conditions à une autre France, celle qui se plaint beaucoup et qui na pas toujours des raisons de se plaindre. Je prends un exemple, jai dit tout à lheure à monsieur ROUX de BEZIEUX, que jétais pour des indemnités de chômage plus élevées, mais je veux aussi, quon soit plus sévère pour ceux qui refusent systématiquement un emploi, alors quil y en a tant dautres qui galèrent pour en chercher un. Je demande qu'il ny ait pas un seul minima social distribué en France, sans quil y ait une obligation dactivité en échange de la solidarité. Vous voyez, la société que je propose, faire plus pour ceux qui travaillent et qui veulent sen sortir et peut-être un peu moins pour ceux qui se plaignent beaucoup et qui nont pas compris quelque chose que je veux dire très simplement, cest que si on na pas envie de sen sortir par soi-même, ça ne sert à rien que la société vous aide. Parce que si vous-même, vous ne voulez pas vous en sortir, personne ne pourra le faire à votre place.
Arlette CHABOT
Alors Pascale un petit mot.
Pascale
Oui, je dis, on peut avoir envie, ça ne suffit pas. Je veux dire moi, quand je travaille cest en CDD, il faut absolument un emploi stable si on veut réellement sen sortir.
Erick ROUX de BEZIEUX
Pascale on a discuté un peu avant de venir, moi, jouvre un centre dappels à Laval, si tu, si vous êtes prêt de votre ville à Laval, en un mot je prends en CDI.
Nicolas SARKOZY
Pascale, vous avez entendu ce que jai proposé, jai proposé la suppression du CDD. Pour quil ny ait que des CDI. Attendez
Pascale
Oui, mais ça ne sera que des CDI ?
Nicolas SARKOZY
Un CDI, mais vous comprenez bien, que ce nest pas les même indemnités quand on a 25 ans dans une boîte et quand on a deux mois.
Pascale
Non, bien sûr.
Nicolas SARKOZY
Mais je propose un CDI, parce que quel est le problème du CDD aujourdhui ? Il y a un certain nombre de chefs dentreprise tout à fait honnête, qui ont la trouille de signer un CDI, parce quils se disent, si jai moins de travail, quest-ce que je fais. Avec mon système, je proposerais simplement des contrats de chantier et des contrats de mission, parce quil peut y avoir des cas particuliers. Mais avec mon système, on na plus de CDD, on na quun CDI, dont les droits sociaux augmentent, Pascale, au fur et à mesure de lancienneté dans le contrat. A ce moment-là, vous aurez un CDI comme les autres. Alors bien sûr, si vous restez deux mois dans la boîte, vos droits sociaux, seront moins importants que ceux qui restent 25 ans. Mais on sortira de ce que les économistes appellent leffet de seuil, avec le paradis le CDI et lenfer le CDD, je souhaite une société française plus généreuse, pour ceux qui se battent et qui veulent sen sortir. E le système du cautionnement public, vous, vous rendez compte ce que ça serait pour vos enfants, de pouvoir aller à la banque, en disant voilà, jai un petit salaire, mais jai trois enfants, ils ont le droit dêtre logé. Sil vous garantit, moi le système sur lequel je mengage, cest que des gens comme vous, cest lEtat qui vous garantisse, vis-à-vis de votre banquier, et je madresse à tous les Français, la solidarité nationale, elle doit sadresser plus à des gens comme vous, parce quon na pas le droit quand on utilise les impôts des contribuables, de mentir ou de se tromper. Je le dis dailleurs en pensant notamment à la prime pour lemploi, je trouve que 8 millions de personnes qui touchent la prime pour lemploi, vous voyez ce nest pas démagogique. Cest trop, ça na pas de sens, je préfère quon concentre lessentiel des dispositifs sur ceux qui en ont vraiment besoin pour sen sortir. Les jeunes des quartiers, des femmes seules, comme vous Pascale, qui ont besoin davoir des projets et de sen sortir et quon arrête de promettre à tout le monde, alors que certains ont plus besoin que dautres.
Arlette CHABOT
Alors Jean-Claude, oui, avant de revenir à Elie COHEN et le jugement dElie COHEN, sur votre programme. Jean-Claude VOUILLER, il est cadre chez HEWLETT PACKARD, on avait reçu quelquun de HEWLETT PACKARD, il y a un peu plus dun an, aujourdhui voilà, je crois quau travers de vous et de votre expérience, on a appris que des cadres pouvaient être victimes des délocalisations.
Jean-Claude VOUILLER, cadre HEWLETT PACKARD, délégué syndical CFTC
Oui, absolument, les délocalisations touchent en France, dans le secteur privé, les non-cadres et les cadres. Et ce phénomène qui est partie de lindustrie, touche maintenant pratiquement tout le secteur des services, donc la comptabilité, la paie, les centres dappels, le marketing et linformatique qui est mon secteur. Et ces délocalisations ont un impact humain terrible, à la fois pour ceux qui perdent leur emploi, pour ceux qui nen trouvent pas parce que cest encore plus difficile à trouver. Et pour ceux qui en ont un, il y a des menaces sur les salaires et les avantages sociaux qui résultent des menaces même des délocalisations. Donc ma question cest, quest-ce que vous comptez faire pour conserver ces emplois en France ? Et si possible en créer de nouveau qui soient non délocalisables ?
Nicolas SARKOZY
Dabord bien sûr que les délocalisations ça touche les cadres comme les non-cadres et bien sûr que ça touche les services, comme lindustrie. Alors là aussi, il faut dire la vérité, si je suis élu, je ninterdirais pas les délocalisations. Je veux vous le dire, parce que cest un devoir de respect et parce que je crois au nouveau monde et que lancien monde nexistera plus. Est-ce que pour autant, on doit rester les bras ballants sans rien faire ? Non. Quest-ce quon doit faire, dabord il faut une véritable politique industrielle pour la France. Ce que jai fait pour ALSTOM, je souhaite quon le fasse pour une dizaine de secteurs absolument prioritaires.
Arlette CHABOT
C'est-à-dire sauver ALSTOM, je répète quand même en allant à Bruxelles, négocier avec les autorités européennes voilà
Nicolas SARKOZY
Ecoutez tout le monde mexpliquait quand jétais ministre des Finances, monsieur COHEN, le sait, quALSTOM cétait fichu. Jai refusé quALSTOM soit dépecé par SIEMENS. Jai refusé de mincliner devant la commission européenne, aujourdhui, ALSTOM, tenez-vous bien cest une entreprise qui a trois ans de carnets de commandes pour le marché de lénergie et deux ans de carnets de commande pour les marchés des transports. A tous ceux qui disaient quil ny avait rien à faire, je leur adresse ma carte de visite et je dis aux 25 000 salariés dALSTOM, on a bien fait de se battre. Donc je crois à lindustrie en France, mais pas dans tous les secteurs. Je pense quil y a une dizaine de secteurs, je peux prendre des exemples : le transport, lénergie, la pharmacie, la communication où lEtat doit jouer un rôle. Monsieur ROUX de BEZIEUX, je suis libéral, mais je crois aussi en lEtat, en un Etat stratège qui est capable dinvestire massivement. Si lEtat navait pas investi dans le nucléaire, nous ne serions pas aujourdhui, des leaders dans le monde. Première remarque. Sagissant des services, je vais vous dire une chose, jétais lautre jour chez LEGRAND, près de Limoges où les salariés sont quasiment que des femmes, si LEGRAND délocalise, il ny a plus rien. Je veux que lEtat dans les secteurs et dans les régions où il y a des délocalisations investissent non pas pour financer des plans sociaux, qui amèneront des gens au désastre, mais pour recréer du tissu économique. Toute la stratégie économique qui est la mienne, cest arrêtons de nous défendre, comme si cétait une ligne Maginot, reprenons loffensive, investissons dans un nouveau tissu économique, dans de linnovation, dans de la recherche. Troisième élément, la clé cest ce que je disais à Pascale, tout à lheure, le drame, ce nest pas tant de perdre son emploi. Cest un drame, cest dire quon ne peut pas en retrouver. Et pourquoi on ne peut pas en retrouver ? Parce quon se dit à 40 ans, à 45 ans ou à 50 ans, cest curieux, ça fait un an que je pense que 50 ans, ce nest pas si vieux. Et on se demande ce qui se passe.
Arlette CHABOT
Oui, il y en a dautres qui pensent ça aussi.
Nicolas SARKOZY
On se dit on ne va rien retrouver la clé cest la formation. Donc face à ça, une politique industrielle, un Etat offensif et stratège qui investit non pas pour financer en pure perte des plans sociaux ou des préretraites, mais pour irriguer un nouveau tissu économique. Jétais à Limoges lannée dernière, lindustrie de la porcelaine se cassait la figure en grande longueur. HAVILAND avait déposé le bilan et BERNARDEAU nétait pas très bien. On a crée un pôle de compétitivité, savez-vous que maintenant, ils travaillent sur des prothèses dentaires ou des prothèses pour réparer les fractures et à Limoges ça repart, 2400 emplois, dans lindustrie de la porcelaine, on peut les sauver. Mais il faut arrêter de, cette conception qui consiste à dire, on va acheter le silence de salariés malheureux, en leur payant des indemnités pendant tant dannées alors quils ne demandent quà travailler. Et puis troisième élément, je veux que quel que soit votre âge, vous, vous disiez, jai le droit, je dis le droit à une formation qui me permettre doccuper un emploi. Et enfin dernier point, je veux quon arrête de dire aux Français, vous allez devoir apprendre de nouveaux métiers. Vous allez devoir bouger et leur coller tout un tas dobstacle à la mobilité. Par exemple, les droits de mutation, parce que cest bien de dire, il faut changer de région pour bosser, mais quand on ne trouve pas de logement ou quand il faut vendre sa maison, quon a un emprunt dessus, quon vous fait payer une indemnité, pour rembourser lemprunt, quon vous fait payer des droits de mutation. Comment vous, vous en sortez, si on veut que la société française soit celle de la mobilité, il faut encourager ceux qui bougent, en supprimant les textes et les freins à la mobilité. Vous voyez cest une toute autre économie, une toute autre stratégie que je propose. Mais je veux vous dire une chose, cest possible, parce que dautres que nous lont fait. Il y a des tas de pays en Europe et dans le monde, qui ont le plein emploi, qui ont répondu à ces questions et pourtant, ils sont confrontés à la même concurrence, ce que les autres ont fait, moi, je propose une chose, cest quon le fasse ici. On nest pas condamné à nexpérimenter que ce qui ne marche pas.
Arlette CHABOT
Alors avant, petite question, avant les deux commentaires rapides dElie COHEN, question au téléphone, Bernard, dabord je crois.
Bernard, téléspectateur
Oui, bonsoir.
Arlette CHABOT
Bonsoir, Nicolas SARKOZY, vous écoute.
Bernard
Oui, je vous remercie, bonsoir monsieur le ministre, cest évidemment a candidat que je madresse.
Nicolas SARKOZY
Bonsoir.
Bernard
Les habitants de la région parisienne, sont souvent confrontés aux mouvements sociaux dans les transports en commun, peu dans le métro mais beaucoup à la SNCF et notamment dans le RER. Le récent candidat que vous êtes se prononce-t-il pour un service minimum dans les transports, voire un encadrement du droit de grève dans ce secteur, merci ?
Nicolas SARKOZY
Ma réponse est très simple ça sera même fait dès la première session. Je respecte le service public, mais le service public, cest le monopole, quand on a le monopole, on na pas le droit de prendre en otages des gens qui ne sont pour rien, dans les conflits sociaux. Je suis donc pour un service minimum, dans les transports en commun, cest une urgence, cest une nécessité, cest un devoir et jajoute que je propose dans le même sens, que chaque fois quune entreprise, une université ou une administration a un conflit, quil y ait une grève, que lon organise dans les huit jours, un vote à bulletin secret pour être assuré que cette grève et lexpression dune majorité et non pas dune minorité. Cest la démocratie et enfin pour faire bonne mesure, je souhaite également, quon revienne sur les critères hérités du lendemain de la guerre, qui font que la démocratie sociale, ne fonctionne pas. Je suis pour la liberté de présentation au premier tour des élections professionnelles, que chacun
Arlette CHABOT
Cest déjà un peu dans les
cest déjà un petit peu en route, là qui commence.
Nicolas SARKOZY
Moi, je ne veux pas que ça soit dans les tuyaux, je veux que ça sorte des tuyaux.
Arlette CHABOT
Que ça sortent des tuyaux, voilà daccord.
Nicolas SARKOZY
Question de Joe, cest ça de Lille.
Joe, téléspectateur
Oui.
Arlette CHABOT
Est-ce quil mentend, nous vous écoutons ?
Joe
Oui, oui, je vous entends.
Arlette CHABOT
Allez-y !
Joe
Monsieur le ministre, je suis un enseignant retraité, dans les médias jentends parler des sommes impressionnantes perçues par un certain nombre de grands patrons. Leur salaire, leur stock-option, leur parachute doré comme on dit. Etes-vous choqué par ces chiffres faramineux ? Et pour moi quasiment incalculables ?
Nicolas SARKOZY
La réponse est oui. Et je peux men expliquer
Joe
Et avez-vous lintention
Nicolas SARKOZY
Joe, un peu plus, je peux men expliquer et jai vu tout à lheure que monsieur ROUX de BEZIEUX faisait allusion à une expression que javais employée, peut-être lavait-elle choqué, je men excuses. Javais parlé de patron voyou. Moi, vous savez, je naime pas lhistoire des golden parachutes et des parachutes dorés, pourquoi ? Parce que je naccepte que les grosses rémunérations ne correspondent pas à un gros risque. Si on prend un gros risque, cest normal quon ait une grosse rémunération. Mais on ne peut pas mexpliquer quon veut une grosse rémunération avec un parachute doré, c'est-à-dire une assurance tous risques. Grosse rémunération, gros risque, pas de risque, pas de grosse rémunération. Deuxièmement élément, je comprends parfaitement, quun Bill GATES, quun créateur dentreprise qui a pris des risques, qui a crée de la richesse, qui a donné du travail, ait la récompense de ce travail. Mais je naccepte pas, quun patron qui a conduit sa boîte à la ruine parce quil sest trompé ou parce quil a été malhonnête ou tout simplement parce quil a été inefficace, parte avec un chèque ou avec des stocks options. Cest la raison pour laquelle, je demande de la transparence et de la cohérence. Ce qui veut dire que quand on na pas réussi à la tête de son entreprise, on nen est pas récompensé par un gros chèque. Ca ma choqué, énormément et ça ne me gêne absolument pas de le dire. Joe, moi, vous savez, je suis libre, libre de dire ce que je pense et je madresse à tous les Français, quel quil soit et doù quil soit, et si vous, vous avez été choqué, je lai été tout autant que vous.
Arlette CHABOT
Alors le professeur Elie COHEN
Erick ROUX de BEZIEUX
Si je puis rajouter un point quand même, Arlette CHABOT, excusez-moi, je voulais rajouter un point. Vous avez raison je suis entièrement daccord avec vous, mais noubliez pas que 99,9 % des patrons ne sont pas comme ça. Donc il ne faut pas trop stigmatiser les quelques cas, ultra minoritaires qui se sont mal comportés. Je suis daccord avec vous, parce que la majorité des patrons français, comme Georges, qui a deux employés, comme moi, qui a monté ma boîte, on nest pas comme ça.
Nicolas SARKOZY
Oui, monsieur ROUX de BEZIEUX, mais Joe ma posé une question, je suis bien obligé dy répondre. Mais puisque vous mincitez à aller plus loin, je vais aller encore plus loin, la richesse dune entreprise, cest son capital et cest son travail, ce sont ses salariés aussi. Vraiment sagissant des stocks options, je ne pourrais pas accepter un système qui fait que les stocks options seraient réservées à une minorité du personnel
Erick ROUX de BEZIEUX
On est daccord.
Nicolas SARKOZY
Parce que jestime que tout le monde dans lentreprise, contribue à la richesse de lentreprise et que cest dailleurs lintérêt des idées qui sont les nôtres et des chefs dentreprises que de considérer que cest toute lentreprise qui doit senrichir, c'est-à-dire la totalité des salariés qui participent de la plus humble des secrétaires jusquau plus génial des ingénieurs qui participent à la réussite de lentreprise. Et lun des problèmes de la France, et jen suis tellement conscient, cest que les Français ont le sentiment que cest toujours pour les mêmes. Et jaimerais tellement défendre cette idée quil est possible de mettre en place une politique où tout le monde puisse considérer quenfin cest possible. Y compris celui qui pense que ce nest jamais pour eux. Et en défendant ces idées monsieur ROUX de BEZIEUX je défends nos idées
Erick ROUX de BEZIEUX
Je suis daccord avec vous.
Nicolas SARKOZY
C'est-à-dire que jessaie de rééquilibrer les choses, on ne peut pas avoir un système où une minorité gagne quand lentreprise gagne et où cest une majorité qui perd quand lentreprise perd. Si lentreprise gagne, cest tout le monde qui doit gagner et si lentreprise qui perd, cest tout le monde qui doit perdre. Et à ce compte-là, on recréera de la solidarité, dans lentreprise française.
Arlette CHABOT
Alors quand les Français parlent très longtemps, cest les experts qui trinquent, donc cest Elie COHEN qui aura un petit peu
.
Nicolas SARKOZY
Mais il est Français aussi.
Arlette CHABOT
Voilà, il est Français aussi. Mais je dis les Français qui ont beaucoup de questions. Le jugement du professeur COHEN qui a tout entendu sur ce que vient de dire Nicolas SARKOZY.
Elie COHEN
Jai tout entendu et en plus jai lu le programme de lUMP et les 577 propositions du programme de lUMP. Ce programme est dune grande richesse, il est très dense, il y a beaucoup de propositions intéressantes. Mais je me suis amusé en même temps à calculer un petit peu et à noter en marge, parce quil ny a pas dévaluation et il ny a pas de hiérarchisation. Et donc on a beaucoup de mal, comme je suis un homme de chiffres, jaimerais quand même savoir quelle est la crédibilité et la viabilité de tout ça. En ne calculant pas tout, jarrive assez rapidement déjà 45 milliards deuros. Ce qui fait à peu près 3 points de PIB. 3 points de richesse nationale, comme on a déjà un déficit de 2,5 de PIB, jaimerais savoir comment en année terminale de votre éventuel quinquennat, vous allez équilibrer les comptes avec 3 points de dépenses supplémentaires et 2,5 points hérités.
Nicolas SARKOZY
Dabord je conteste, pardon, non pas votre compétence qui est bien reconnue, mais les chiffres que vous donnez. Je vais prendre un certain nombre dexemples. Je propose une véritable révolution
Elie COHEN
Juste un exemple pour vous montrer combien, je vous approuve sur certains de vos choix. Sur lenseignement supérieur et sur la recherche vous proposez des choses très intéressantes, vous proposez de doubler le budget de lenseignement et daugmenter de 50 % le budget de la recherche. Lenseignant chercheur que je suis, ne peut être que ravi compte tenu de la situation du pays. Mais ça, ça fait déjà 10 milliards deuros.
Nicolas SARKOZY
Non, je men explique, croyez-moi, il est aussi petit que le budget de la justice. Ce nest pas le plus préoccupant
Elie COHEN
Mais ça fait quand même 10 milliards deuros.
Nicolas SARKOZY
Prenons lexemple dune autre dépense que je propose. Je propose un changement considérable, celle de mettre un terme aux orphelins de 16 heures, c'est-à-dire que je propose à toutes les familles de France de pouvoir laisser leurs enfants entre 16 heures et 18 heures à lécole pour que les mamans puissent après le travail venir les chercher, une fois les leçons apprises, dans le cadre détudes encadrées. On va me dire ça coûte cher. Je conteste dabord parce que personne ne chiffre ce que ça coûte de laisser des jeunes dans la rue apprendre la loi de la rue et les économies que nous ferons avec des enfants qui rentreront à la maison les devoirs faits, au lieu de rester seul chez eux, au lieu de rester seul dans la rue. Deuxièmement, jaffirme que le pouvoir dachat qui sera ainsi délivré aux enseignants qui le méritent par ailleurs, ça sera bon pour léconomie. Et enfin jai proposé deux pistes déconomies considérables, je suis le seul à avoir proposé le non-remplacement dun départ sur deux à la retraite, les fonctionnaires, qui la fait monsieur COHEN ? Qui a proposé une mesure déconomie aussi importante que celle-ci ? Personne. Et dailleurs je demanderais
Elie COHEN
40 000 fonctionnaires en moins par an, ce nest pas du tout à la hauteur des enveloppes financières que jai indiquées.
Nicolas SARKOZY
Cest exact sur lannée première, mais comme vous lavez noté, ce sont des économies qui sadditionnent, puisque comme lEtat na pas de Sécurité sociale, il est son propre assureur, lEtat quand il engage un fonctionnaire, ne lengage pas pour la durée de sa vie professionnelle, mais pour la durée de sa vie tout court. C'est-à-dire quand on décide de ne pas remplacer tous les départs à la retraite, on économise non pas pour 45 ans de vie active, mais pour 70 ans.
Elie COHEN
Non, non, je sais bien. En plus il y a des tas dautres choses très bien, vous proposez de naugmenter la dépense
Nicolas SARKOZY
Je vais vous proposer une carte monsieur COHEN
Elie COHEN
Vous nous proposez daugmenter la dépense budgétaire que de 0 % par an, donc comment réconciliez-vous, ces deux perspectives que je viens dindiquer
Nicolas SARKOZY
Oui, oui, cest très simple
Elie COHEN
Dun côté toute une série de nouveaux chantiers de dépenses légitimes, la justice, léducation, la sécurité etc
Nicolas SARKOZY
Cest très simple
.
Elie COHEN
Et en même temps équilibre budgétaire zéro, de progression de la dépense publique.
Nicolas SARKOZY
Très simple, je veux dire autre chose
Elie COHEN
Et en même temps vous voulez diminuer la dette publique. Puisque vous voulez passer dun niveau de dette publique de 65 % du PIB
Nicolas SARKOZY
Il ny a pas dautre choix.
Elie COHEN
A 60 %, javoue, je ne vois pas comment tout ça, se met ensemble ?
Nicolas SARKOZY
Mais parce quon a besoin de passer un peu plus de temps ensemble.
Elie COHEN
Alors expliquez-moi.
Arlette CHABOT
Vous reviendrez, vous reviendrez tous les deux, on va prendre un abonnement les six mois qui viennent.
Nicolas SARKOZY
Dabord vous navez pas tout retenu
Elie COHEN
Si, si, si.
Nicolas SARKOZY
Dabord jai proposé la suppression de tous les organismes qui ne servent à rien.
Elie COHEN
Ça ne coûte rien ces choses !
Nicolas SARKOZY
Non, mais à force de dire, que tout ça ne coûte rien, à force de dire que tout ça ne coûte rien, tout ça finit par coûter beaucoup. Troisièmement, jai proposé de mettre en uvre une véritable stratégie, de traque de la fraude. Parce que cest un problème français, considérable, celle qui consiste par une forme de lâcheté, à refuser de contrôler un certain nombre de prestations, où le coulage est immense et où on utilise mal largent des Français. Enfin jai proposé une mesure qui est considérable et qui est courageuse, celle de créer pour lAssurance maladie une franchise. Comme dans toute assurance, dites-moi, si ça ce nest pas des pistes déconomie, je ne my connais pas. Ensuite, jai demandé quon audite systématiquement toutes les dépenses de lEtat, je prends un exemple. La formation professionnelle, des milliards, des dizaines de milliards deuros qui sont aujourdhui pour la plupart engagés en pure perte. Je veux revoir ces programmes, jai parlé tout à lheure de largent faramineux dépensé pour permettre aux gens de partir en préretraite. Mais les gens, ils ne veulent pas arrêter de travailler à 52 ans, ils veulent au contraire continuer à travailler. Je propose dactiver toutes ces dépenses. Je vous garantis monsieur COHEN, que cest possible et en tout cas, je nai pas voulu moi minscrire dans une stratégie de la défaite qui consiste à dire comme on fait trop souvent, en France, on a un regard comptable, moyennant quoi, à larrivée, on na pas de croissance, on na pas dinvestissement, on fait des économiques en supprimant les dépenses dinvestissements et on ne touchant pas aux dépenses de fonctionnement. Et on accumule les déficits. Je veux changer de logique. Je veux créer en France, les conditions de la croissance. Pourquoi se fait-il et comment se fait-il, que nous ayons sur les dix dernières années, 1 % de croissance en moins, que les Américains, 1 % de croissance en moins que les Anglais
Arlette CHABOT
0 % sur le trimestre qui vient de sachever de croissance ?
Nicolas SARKOZY
Jajoute, jajoute quavec le crédit hypothécaire, je créais une possibilité fantastique de relance. Pourquoi ? Parce que le prix de limmobilier a augmenté. Si je permets aux Français demprunter en fonction du prix de limmobilier, comme le prix de limmobilier a augmenté, la masse des emprunts possibles, va augmenter. Quel est le problème de la France ? LEtat est trop endetté, les Français ne le sont pas assez ? Jaimerais quon déculpabilise les Français, face à lendettement, une économique moderne, cest une économique où les gens font des projets quon arrête de les pénaliser, quon arrête cette société triste, que les jeunes puissent rêver dêtre propriétaire de leur logement, cest possible monsieur COHEN.
Elie COHEN
Donc jattends le chiffrage et la hiérarchisation des objectifs
Nicolas SARKOZY
Mais je vais même vous dire mieux, la semaine prochaine je le publierais.
Elie COHEN
Très bien. Alors je voudrais vous poser une autre question, parmi les mesures, fiscales que vous proposez
Nicolas SARKOZY
Une semaine après mon entrée en campagne.
Elie COHEN
Non, parmi les mesures que vous proposez
.
Nicolas SARKOZY
Jespère quon va être aussi exigeant avec tout le monde.
Elie COHEN
Certainement, certainement, parmi les mesures que vous proposez, notamment en matière fiscale, lune de vos grandes priorités, cest lexonération des successions sur, je crois que vous avez appelé luvre dune vie de travail ou parfois dans vos discours vous parlez de petites et moyennes successions
Nicolas SARKOZY
Oui, mais je vais men expliquer.
Elie COHEN
Cest une mesure qui même avec des hypothèses assez conservatoires conduit à vous priver dune ressource de 4 milliards et demi deuros. Pourquoi vous faites de cela une priorité, alors quil sagit là typiquement dune mesure fiscale, qui ne va pas dans le sens de la stimulation économique moderne que vous souhaitiez ?
Nicolas SARKOZY
Alors je men explique. Parce que jy crois beaucoup. Jy crois beaucoup pourquoi ? Parce que je crois en la famille. Et je crois dans le travail. Et je veux dire aux Français quand vous avez travaillé toute votre vie, à la sueur de votre front, il est normal de pouvoir laisser à ses enfants en franchise dimpôts ce quon a eu tant de mal à gagner et sur lequel par ailleurs on a payé limpôt à dinnombrables reprises. Ecoutez quest-ce qui donne du sens à la vie ? Si ce nest despérer que ses enfants commencent un peu plus haut que soi-même. Or quelle est cette société qui ne croit ni au travail, ni à la famille ? ! Il y a eu un grand débat lautre jour au groupe UMP, pour savoir sil fallait maintenir les droits de succession entre le mari et la femme quand il y avait un des deux qui mourait. Alors moyennant quoi, au nom de la famille on travaille ensemble, on doit payer les successions quand il y en a un qui part, entre mari et femme et puis quand la femme part aussi, on doit payer des successions avec les enfants. Mais moi, je conteste cette idée et je propose, je propose
Elie COHEN
Juste un mot, non cest juste sur les priorités, sur lISF, par exemple
Arlette CHABOT
Attendez, attendez
Nicolas SARKOZY
Non, non, mais je veux terminer là-dessus. Je veux dire aux Français qui ont travaillé, quils pourront laisser en franchise dimpôts le produit dune vie de travail. Sagissant de lISF, moi, je pense que cest normal que quand on paie, quand on gagne plus, on paie plus dimpôts.
Elie COHEN
Vous nous avez expliquez tout à lheure que les talents partaient, que vous ne vous résignez pas à ce départ de tous ceux qui ont acquis des compétences en France, qui se sont parfois, qui ont constitué leur outil de travail en France, et puis qui quitte la France pour échapper à lISF.
Nicolas SARKOZY
Mais monsieur COHEN, quelle est la contradiction entre ce que je dis ? Au contraire, jessaye de considérer lensemble des 62 millions dhabitants sur le problème du capital. Arrêtons dévoquer le problème du capital uniquement sur les 500 000 personnes. Cest un problème, jai un certain nombre de propositions, qui paye lISF. Le problème du capital se pose également pour la personne qui veut laisser à ses enfants le produit. Et pourquoi je naurais pas le droit de le faire ? Au nom du travail et au nom de la famille. Cest quand même extravagant de se dire quon travaille toute sa vie, quon paye des impôts sur ce quon a gagné, quon paye des impôts sur ce quon achète, et en plus on considère normal de payer des impôts quand on passe ce qui a été purgé par limpôt en quelque sorte, de la génération des parents à la génération des enfants.
Arlette CHABOT
On dit que cest une mesure pour les riches ?
Nicolas SARKOZY
Cest pas du tout une mesure pour les riches, cest une mesure pour ceux qui ont travaillé et qui nont pas à sexcuser de ne pas avoir été au chômage, de ne pas avoir demandé le RMI et davoir construit beaucoup de richesses dans leur vie. Cest une mesure qui concerne 90 % des Français.
Arlette CHABOT
Alors je remercie Elie COHEN qui reviendra vous revoir, parce quon va vous revoir dans les cinq mois qui viennent. On va réduire un peu parce que sinon on va passer la nuit ensemble, ce qui nest pas forcément désagréable mais quand même
Nicolas SARKOZY
Arlette CHABOT, cest un projet que je ne formais pas au début de votre émission !
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